N°170 - Le Quart Monde à la Sorbonne : croiser les savoirs

Type de document : Article
Georges Liénard

Validité scientifique d'une démarche

Résumé

Une question fondamentale : « Qui a le droit de parler de la misère ? » Ceux qui la vivent jusqu’à en être parfois détruits ? Ceux qui luttent avec la fierté d’appartenir à un peuple digne et solidaire ? Les scientifiques qui l’observent et l’analysent avec leurs méthodes propres, afin d'en mieux comprendre et la force constructive et les conséquences négatives ? Le programme Quart Monde-Université a montré l’absolue nécessité d’une relation interactive, d’un rapport mutuel de confiance critique et de critique confiante sans lesquelles aucune action collective et politique justes n’est possible.

Deux questions m’interpellent particulièrement, qui essayent d’explorer la validité « scientifique » de la démarche de croisement et de réciprocité des savoirs.

1 « Qui doit avoir le dernier mot dans l’interprétation et la compréhension des actions posées par les pauvres ? » Cela renvoie à une question générique : qui doit avoir le dernier mot lorsqu’il s’agit de comprendre et d’expliquer scientifiquement les actions humaines ?1.

2. Un processus de croisement et de réciprocité des savoirs doit parvenir à construire un rapport complexe fait de confiance et de critique radicale. Est-ce que les deux pôles de cette relation ont été construits et utilisés avec la même force ?

Qui doit avoir le « dernier mot » dans l’interprétation des actions posées ou rencontrées par les pauvres qui sont dans la misère ? La question, essentielle, porte ainsi sur le droit de maîtrise de l’interprétation de soi réclamé par la personne ou le groupe concerné. Qui doit maîtriser le contenu de l’analyse, lequel aura des effets sur le type de reconnaissance sociale des personnes ou des groupes ainsi que sur la définition des enjeux liés à ces personnes ou ces groupes ?

Afin d’empêcher tout malentendu, signalons que la réclamation par tel ou tel groupe de contrôler l’analyse réalisée à son propos, l’interprétation faite de ses actes et la définition des problèmes le concernant, est normale. Cette réclamation est d’abord le fait des groupes supérieurs et dominants dans la société. Citons à titre d’exemples : le refus de laisser connaître de nombreuses informations dans le domaine de leurs revenus ; les tentatives de contrôle des contenus des enquêtes les concernant ; la gestion des relations avec les interviewers...

Aussi, la question de savoir « qui a le dernier mot », posée au cours de ce programme, constitue-t-elle un problème social et épistémologique significatif.

Par rapport à cette question, deux éléments définissent partiellement le processus de production du savoir :

a) les caractéristiques des interactions entre les chercheurs et les sujets de l’étude ;

b) l’accumulation d’informations sur le sujet de la recherche ainsi que le type de traitement qu’on en fait et le type de réponses données quand une des composantes les demande.

Le travail qui a abouti à la production du livre2, aborde de front ces deux éléments. Citons ce passage intitulé « Questions de fond soulevées par la recherche »”, dans le chapitre consacré à l’histoire du peuple : « Des tensions apparaissent autour de trois questions : qui a le droit de parler de la misère ? sur la misère, s’exprime-t-on de la même manière à des publics différents ? de qui parle-t-on quand on parle du peuple ? » Voici une partie du débat entre les acteurs-auteurs : « Les militants disent que c’est à eux de dépouiller leur propre vie, s’ils le souhaitent. Cela les engage eux et leur propre famille… » Une militante dit : « C’est à nous d’écrire ce qu’on a envie d’écrire ».

Ainsi, la question de savoir qui a le droit de parler et d’écrire sur la misère et comment, est-elle apparue comme une question fondamentale.

Ce débat porte à la fois sur la connaissance acceptable socialement par les groupes concernés et sur la production de la connaissance pertinente scientifiquement. Il comporte deux enjeux socio-cognitifs :

a) le rapport au pouvoir scientifique et donc le rapport à la parole « juste scientifiquement ». Il s’agit d’examiner : qui l’analyste peut-il observer et analyser ? Qu’a-t-il le droit d’écrire ? Qui est le juge de son écriture scientifique ? Ne peut-il écrire que sur ceux dont il ne craint rien ou que sur ceux qui l’autorisent à parler d’eux ?

b) le rapport de l’écrit se voulant scientifique à la parole de référence définie par ce qu’un groupe permet qu’on dise et écrive sur lui et par les procédures au travers desquelles il essaye de contrôler l’interprétation qu’on donne de lui.

Ce débat socio-cognitif est toujours présent dans la production des connaissances « pertinentes scientifiquement », mais il n’est productif, grâce aux deux éléments cités ci-dessus, qu’en fonction de plusieurs conditions.

a) Dans le cas précis, les diverses composantes du groupe doivent entrer, chacune spécifiquement, dans la construction d’un processus interactif non seulement entre elles mais entrer ensemble dans une tension entre deux pôles3 du travail scientifique : le pôle dit de la volonté de science et le pôle des intérêts éthiques et des demandes de légitimation ou de reconnaissance propres à chaque composante. Pour entrer dans le premier pôle, ce processus interactif doit travailler sur les désaccords d’interprétation et se construire à partir d’arguments et de procédures soumises à la critique rationnelle des uns et des autres. Il doit permettre de nommer les désaccords, les différences et les rendre productives en les gérant sans concessions. Difficulté d’autant plus grande ici puisque les ancrages sociaux étaient très différents parmi les acteurs-auteurs.

b) Les références communes que le groupe se donne pour vivre son parcours de travail ne peuvent l’emporter sur l’exigence scientifique et les outils du maintien de ces références ne peuvent prédominer dans l’interprétation analytique finale.

Ici, les groupes de production des mémoires ont agi sur ces deux conditions.

Le problème ainsi abordé a une portée qui dépasse la question éthique et/ou idéologique que pose le groupe des pauvres (ici représenté par les militants d’ATD Quart Monde). En effet, ce que le « pôle » scientifique accepterait pour un groupe ayant une connaissance vécue de la misère, au nom de quoi le refuser à un autre groupe, même riche ou puissant ? Si le pôle scientifique accepte qu’à propos de la pauvreté, il n’y ait de savoir valable et légitime scientifiquement qu’en lien direct avec l’accord des personnes ayant personnellement vécu la pauvreté (voire de leurs représentants), pourquoi et au nom de quel critère scientifique le refuserait-on aux autres groupes sociaux? Faudrait-il renoncer - et sous quelles conditions - à oser affirmer : « Dites ce que vous voulez mais du point de vue de la raison scientifique, voilà ce que nous en pensons » ?

Voici quelques extraits qui rappellent le fait que ce débat est un lieu crucial pris dans cette logique tendue entre ces deux pôles :

- « Nous ne pouvons regarder avec les yeux de l’autre ; c’est une illusion, c’est une impossibilité... ! »

- « J’ai entrevu que les militants craignaient que je ne croie avoir mieux compris qu’eux leurs propres dires, et que cette crainte était un peu justifiée. (...) »

- « Un moment significatif... a été leur refus de considérer comme vraies les “tares engendrées par la misère » ... Il m’a fallu un sacré temps avant de découvrir qu’ils ne niaient pas ces « tares », mais ne m’autorisaient pas à les dire, moi, du dehors. (...) J’y ai découvert toute la question de savoir qui a le droit de parler de la souffrance vécue et des défauts qu’elle engendre chez ceux qui souffrent. »

- « Je garde le sentiment que leur revendication d’être les seuls à pouvoir parler de leurs souffrances a quelque chose de tout à fait exact, même épistémologiquement, et cependant de peut-être excessif. Peut-on parler en discours intellectuel de vécus que l’on n'a jamais éprouvés ? Et pourquoi serait-il illégitime de le faire ? »

Pour progresser sur la question posée, il faut distinguer et articuler : d’abord le travail de construction de la « compréhension » scientifique ; ensuite la participation engagée ou distante à la souffrance d’autrui4 ; enfin la condamnation ou l’approbation politique et éthique des actes d’autrui. Si l’on ne distingue pas ces divers plans, on nie la possibilité même de tout essai de construction scientifique en sciences humaines. Ce principe doit s’appliquer non seulement aux groupes et personnes avec lesquels on se sent en affinité sociale et éthique mais il faut aussi pouvoir comprendre (ce qui ne veut pas dire accepter) ce que nous condamnons politiquement et éthiquement. Il est pertinent, par exemple, d’essayer de comprendre comment celui qui exerce la violence se justifie à ses propres yeux et aux yeux de ceux qui l’approuvent.

Il faut donc maintenir la tension entre ces divers plans, l’intégrer et la rendre productive. En outre, il ne faut pas oublier que la compréhension scientifique n’est jamais l’alpha et l’oméga de la compréhension de l’homme et qu’elle a ses propres limites de validité et la spécificité de sa propre rationalité, même si elle peut apporter des éléments de discussion, de réflexion, d’objectivation.

Dans la construction scientifique de type compréhensif et qualitatif, il est nécessaire de construire avec les diverses composantes un rapport de confiance critique et de critique confiante. Ce rapport doit également s’étendre à des domaines qui peuvent heurter les demandes sociales de reconnaissance et/ou de légitimation des groupes concernés.

On sait que les relations de travail entre le scientifique et le sujet-objet d’étude vont de l’objectivation totale du sujet observé jusqu'à la démission du regard de l’observateur. Dans la littérature sociologique française, elles vont de l’intervention sociologique à l’auto-analyse provoquée et accompagnée5, en passant par les récits de vie et les biographies éducatives. Avec le travail produit et inscrit dans « Le croisement des savoirs », il y a l’apprentissage et la mise en oeuvre rare d’une relation interactive. Elle réarticule les rôles des uns et des autres selon une logique spécifique qui a des effets (partiellement) pertinents sur la production des contenus de savoir. Au travers des discussions orales et de la circulation critique et productive des multiples versions des écrits ayant abouti au livre, on pourrait définir la relation de travail ainsi établie comme la construction d’une relation qui essaie de tenir ensemble les deux pôles de la confiance et de la critique6 conditions d’un échange réciproque et non-marchand de savoirs, au sens que lui donne Michel Serres.

Mais la difficulté est de maintenir équivalentes les exigences des deux pôles, alors que les relations interpersonnelles d’une part et d’autre part les exigences institutionnelles peuvent être tantôt des aides, tantôt des obstacles.

Je dirais qu’ici les deux pôles sont présents mais que la construction du pôle de la « critique confiante » réciproque est plus inachevée et que cela a induit certaines conséquences. Bref, si l’on voulait continuer à développer le processus de croisement et de réciprocité dans la production d’un savoir (compréhensif) de type scientifique, il faudrait renforcer de part et d’autre le pôle d’une critique qui aborde les sujets que chaque composante voudrait peut-être tenir écartés. Si la logique de confiance s’est installée au fil du travail, elle a eu pour effet de moins approfondir des zones où la critique aurait pu s’exercer. Deux exemples :

a) L’analyse du passage du mythe du peuple de la misère7 vers le peuple du Quart Monde aborde la question et la fonction du guide de façon assez unilatérale. En effet, on a analysé un parcours de retournement qui conduit à la construction d’une identité individuelle et collective aux caractéristiques positives ( solidarité, accueil de l’autre, identité ouverte, sens de la justice et refus d’atteinte à la dignité de l’autre.) Mais il faut aussi examiner le processus quand il aboutit à la construction d’une identité individuelle et collective fière et s’appuyant sur le rejet de l’étranger, la justification de l’injustice, la recherche du bouc émissaire comme source des maux. Il est pertinent scientifiquement d’analyser le rôle du guide dans les deux cas et de se demander pourquoi et à quelles conditions d’une part des êtres humains adhèrent à ces processus, et d’autre part, comment et à quelles conditions le guide peut produire l’augmentation « du bien » ou au contraire la justification et l’amplification « du mal », défini comme la non-reconnaissance de la dignité de l’autre.

b) La réticence ou le refus d’explorer certains contenus est également marqué dans cet échange à propos de « la misère qui détruit » : « Cette notion semble en contradiction avec la notion de peuple et avec la fierté des militants d’appartenir à un peuple. Parler de tout ce que la misère détruit en l’homme, c’est les enfoncer dans leur misère. C’est une manière de parler qui reste une atteinte à la fierté de certains militants. » (cf. « Le croisement des savoirs »)

Cela me semble indiquer que, parfois, il n’y a pas une analyse approfondie des conditions qui peuvent maintenir certaines personnes dans la version plutôt négative des conséquences de la pauvreté.

La demande de ne pas parler de la misère qui détruit est probablement vraie politiquement et elle peut être nécessaire pour l’acquisition d’une identité positive de soi. Cependant, selon l'exigence scientifique, il faut aussi poser qu’il existe probablement « une misère qui détruit ». Il faut en comprendre les processus, pourquoi certains pauvres y restent, pourquoi il y a aussi de la domination à l’intérieur des familles, pourquoi il y a aussi des gens qui votent à l’extrême droite et qui sont aussi marqués par le racisme social et/ou politique. Cette volonté de compréhension scientifique de « la misère qui détruit » a pour but de comprendre les conditions politiques, sociales, culturelles, symboliques qu’il faut réunir pour que l’action puisse modifier positivement ce que les inégalités structurelles et individuelles ont provoqué.

Dans cette logique du renforcement de la critique mutuelle confiante, nécessaire au croisement des savoirs, et afin d’avoir une production valable du point de vue scientifique, plusieurs questions devraient être posées aux universitaires et aux responsables politiques. Pourquoi les recherches financées concernant les pauvres ne rendent-elles pas raison des exigences de dignité, ni des souffrances subies individuellement et collectivement par les pauvres ? Pourquoi le financement durable et cumulatif de recherches est-il si rare, quand il s’agit d’analyser les stratégies des groupes et pouvoirs dominants ainsi que les conséquences des choix de politique économique et sociale effectués ? Cela permettrait de comprendre une grande partie des processus produisant la précarité, la pauvreté, la grande pauvreté. De même, faute de critique, n’est pas mis en cause un savoir opérationnel dominant qui naturalise les caractéristiques des pauvres sous forme de handicaps sociaux et culturels là où il y a aussi et d’abord conséquences des inégalités et incorporation marquante des souffrances qui y sont liées. Enfin, il serait significatif de faire l’épreuve sociale et scientifique suivante : quelle est l’instance officielle de financement de la recherche d’une université qui, a priori, accepterait de reconnaître et de financer un tel programme de recherche-formation en partenariat ?

Pour consolider le processus de croisement réciproque des savoirs, il me semble que des dispositifs durables de confiance et de critique réciproques doivent se construire et s’institutionnaliser partiellement sous des formes à négocier. Et, par rapport à l’expérience ici analysée, c’est le pôle de la critique réciproque qui doit être d’abord renforcé.

En conclusion d’étape, je ferai quelques réflexions sur le sens anthropologique de ce processus de recherche-formation.

Dietrich Bonhoëffer, pasteur protestant persécuté par Hitler, disait que “ la vérité du monde se lit dans les yeux du plus défavorisé et persécuté des hommes”. Je relie cette pensée à tels ou tels propos de militants d’ATD Quart Monde. Lorsque Danièle Lebrun écrit : « Toute sa vie, on la passera à s’excuser d’avoir été pauvre », sa pensée touche au plus profond du cœur et de la raison car elle indique de façon coupante la blessure inaltérable des injustices et des inégalités sociales et symboliques telle qu’elle s’inscrit dans le cœur et la raison des pauvres. Pour Jean-Marie Lefèvre, l’appropriation personnelle et collective de la maîtrise de « l’écrit qui sonne juste »8 constitue une victoire : « Cet écrit, dit-il, fait exister notre milieu (les pauvres) de façon juste et, en tout cas, plus juste, dans l’Histoire et l’université ». Par-là, on espère que cet écrit est aussi, dans sa spécificité, une pierre d’angle dans la construction du savoir. Si une des fonctions historiques du savoir est de sauver, comme nous le rappelait Michel Serres, au moins partiellement du mal, cela ne va pas de soi. Pour y aboutir, il faut que ce savoir, tout en gardant son autonomie de jugement, puisse s’articuler avec confiance et critique, à une action collective et politique juste et solidaire. N’est-ce pas notre espérance ?

Notes de base de page numériques:

1Noiriel G., Sur la crise de l'histoire, 1996, Paris, Belin, Socio-Histoires, 343 pages, notamment pp. 47-89 sur la formation d'une discipline scientifique en sciences humaines.
2Cf. « Le croisement des savoirs »
3 Je distingue la notion de composantes des groupes de la notion de pôle. La notion de pôle concerne le résultat du travail des diverses composantes qui, pour construire le processus de croisement et de réciprocité, installe, dans l’ensemble du groupe au travers des composantes mais sans les ignorer, une relation de production caractérisée par le pôle « volonté scientifique de tous » et le pôle des « références propres à chaque composante. Dans des processus différents de celui analysé dans le cas présent, les sciences sociales essayent de gérer partiellement cette question en intégrant de façon spécifique (au plan social, méthodologique et épistémologique) le rapport à la parole du ou des sujet(s) interview?(s). Pour des approches diverses de cette question en sociologie : Touraine A., Dubet F., Hegedus Z., Maheu L., Wieviorka M., La méthode de l’intervention sociologique, non daté, Paris, Atelier d’Intervention Sociologique, Cadis, 99 pages ; ainsi que Bourdieu P., La misère du monde, 1993, Paris, Seuil, 949 pages et notamment le point de vue concernant la question soulevée dans le chapitre « Comprendre », pp. 903-944 et « L’espace des points de vue », pp 9-11 ; et enfin Kaufmann J-C., L’entretien compréhensif, 1996, Paris, Nathan, 128 pages.
4 Comme le fait à juste titre remarquer Michel Serres, la littérature, la poésie ou la mystique sont plus aptes que les sciences humaines pour exprimer cet échange expérimental des vécus. Gustave Flaubert n’est pas une femme mais sans doute exprime-t-il ce que ressent Madame Bovary mieux qu’une analyse de sciences humaines. Sur les relations entre sciences sociales, littérature et sciences : cf. Lepenies W., Les Trois Cultures. Entre science et littérature, l’avènement de la sociologie, 1990, Paris, Ed. de la Maison des Sciences de l’Homme.
5 Hamel J., « Les partis pris méthodologiques de Pierre Bourdieu et d’Alain Touraineé, in « La Pensée », 317, janvier-février-mars 1999, p. 69-86.
6 Thuderoz C., Mangematin V., Harrisson D., La confiance. Approches économiques et sociologiques, 1999, Paris, Gaétan Morin Editeur Europe, 322 pages ).
7 Cette croyance dans la force de la dignité originelle de la personne pauvre en tant que pauvre est sans doute nécessaire comme point d’appui fondateur pour la reconstruction identitaire, mais sa nécessité idéologique et symbolique ne peut cacher, sur un plan analytique, que la production de cette fierté originelle est liée à l’action sociale de la relation « mouvement et personne concernée » et donc sur une capacité » construite et non pas une capacité innée des personnes.
8 Sur l'acquisition d'un pouvoir de maîtrise grâce à la maîtrise de l'écrit, cf. Goody J., L'Homme, l'écriture et la mort, 1996, Paris, Les Belles Lettres, 247 pages, notamment pp. 199-229

Pour citer cet article :

Georges Liénard. «Validité scientifique d'une démarche». Revue Quart Monde, Le Quart Monde à la Sorbonne : croiser les savoirsAnnée 1999Revue Quart Monde
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Quelques mots à propos de :  Georges  Liénard

Professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL), directeur de la faculté ouverte de politique économique et sociale (FOPES-UCL), directeur du centre de recherches interdisciplinaires pour la solidarité et l’innovation sociale (CERISIS-UCL, Georges Liénard a fait partie du conseil scientifique du programme Quart Monde-Université.