Réfugié avec sa mère allemande dans la France de l’après-guerre, l’auteur a 14 ans en 1955 quand on le dépose avec les siens au « camp des sans-logis » de Noisy-le-Grand près de Paris. Des abris en tôle et des tentes militaires alignés à la hâte sur une ancienne décharge, la boue, les rats, quelques pompes à eau… Dans ce lieu vivent jusqu’à deux mille personnes. "C’est quoi ça ? s’inquiète le nouvel arrivant, un camp de prisonniers ? "
Aux cars de touristes qui viennent visiter cet enfer humain, l’adolescent crie sa révolte à coups de pierres. Sur ce bout de terre où la haine pousse comme de la mauvaise herbe, l’auteur se demande quelles mains l’ont empêché de basculer : celles de ses frères ? de ses sÅ“urs ? de sa mère ? Une mère de huit enfants qui leur répétait : "Ne reviens jamais à la maison menottes au poignet ! "
L’adolescent révolté voit en l’aumônier du camp, l’abbé Joseph Wresinski, la seule figure paternelle… A la suite de sa rencontre avec ce prêtre, fondateur du mouvement Atd Quart Monde, il devient formateur de centaines de jeunes qui s’engageront sur tous les continents aux côtés des plus pauvres. Avec ses yeux de jeune en colère puis son regard d’homme mûr, Bernard Jahrling nous entraîne sur un chemin inédit, de la haine à l’espérance.





