Les jeunes étrangers arrivés en France sans leurs parents ou sans représentant légal connu des autorités, n’ont pas tous le même sort. Selon les motifs du départ de leur pays d’origine, selon la protection dont ils peuvent bénéficier ici au titre de l’enfance en danger, leur situation diffère. Ainsi, certains, accueillis par l’Aide sociale à l’enfance, poursuivent une scolarité, apprennent un métier… - tandis que d’autres ne sont pas protégés comme ils le devraient en tant que mineurs « isolés ». Ils restent alors à la rue. Qui sont-ils ? Pourquoi viennent-ils en France ? Comment les accueille-t-on ? Quelles sont leurs perspectives d’avenir sur le territoire ? Comment les sortir de la rue ? Autant de réponses qui restent à construire, en les fondant sur l’intérêt supérieur de l’enfant.
(Présentation de l’éditeur)
Le débat qui suit le texte de la conférence est intéressant à plus d’un titre. Il aborde divers points complémentaires :
les difficultés des services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE),
les blocages administratifs et les délais imposés lorsque le mineur fait une demande d’asile politique auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA),
les problèmes de traduction pour ceux qui ne parlent que leur langue natale,
les dispositifs officiels si peu adaptés qui font que, lorsque la protection est accordée, elle demeure souvent dégradée par rapport au droit commun…
Ce petit livre fait en outre réfléchir à ce que souligne Angélina Etiemble dans sa conclusion : « Cela nous dérange toujours de voir des enfants dans la rue. Du coup, on essaie de ne pas les voir comme des enfants ou de les regarder autrement. On les considère avant tout comme des étrangers, pas comme des enfants comme les autres. A partir de là , on peut très bien se dire : « Ils viennent d’ailleurs. Chez eux, c’est comme cela". C’est pourquoi nous avons à revisiter nos manières d’envisager les migrations, les émigrations et immigrations, leurs dynamiques. La situation des enfants peut être effectivement difficile, mais pourquoi alors ne pas travailler à ce que le sort des enfants s’améliore aussi "chez eux". Cela devrait être le sens des conventions bilatérales pour assurer la pleine protection des enfants où qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, dans le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant. Au lieu de raisonner par l’absurde, en se disant qu’il ne sert à rien de les protéger en France puisque dans leur pays ils ne sont pas protégés… »
Ainsi, dans sa conclusion, Angélina Etiemble souligne la nécessité d’une part de revoir nos modes de pensée vis-à -vis des populations en situation de devoir émigrer et d’autre part de modifier nos systèmes d’aide aux pays en difficulté plutôt que de faire sans cesse le constat qu’ils demeurent pauvres, insolvables, et foyers d’émigrations…
Editions Rue d’Ulm - La rue ? Parlons-en ! - 2010 - 55 p.
