« Qui peut changer le monde sans moi ? » nous interpelle Julien, un garçon de Haïti.
Nassuhati, une fille de France, répond : « Personne ne peut changer le monde sans lui ». L’interpellation entre ces deux enfants nous fait prendre conscience que les enfants ont envie de jouer un rôle dans la société.
Les États signataires de la Convention relative aux droits de l’enfant sont les garants de ces droits, mais les enfants aussi sont concernés par leur application et sont parfois les premiers à les mettre en pratique. Ils n’attendent pas seulement d’en être les bénéficiaires.
(…) Les enfants passent souvent plus de temps entre eux, dans le quartier, à l’école, entre frères et sÅ“urs, qu’avec des adultes. Quand les droits de l’un d’eux ne sont pas respectés, ils sont les premiers à en avoir conscience. Qu’on le reconnaisse ou pas, au quotidien beaucoup d’enfants sont des acteurs de leurs droits. Pourtant, notre langage sur l’enfant est rempli de conditions et d’équivoques. Nul ne nierait que des enfants ont besoin d’une protection spéciale, mais savons-nous mettre en valeur la grandeur de leurs mots et de leurs gestes, leur courage et leur franchise ? … (Ben Fehsenfeld)
Le quartier des Rosiers à Marseille, c’est 40% d’habitants comoriens, 40% de maghrébins, 13% de kurdes mais aussi des kosovars, burkinabés, italiens, malgaches, ivoiriens, serbes, cambodgiens, et quelques marseillais d’origine. En Mars 2008, sept cents personnes de ce quartier se déplacent à pied avec enfants, poussettes et bébés pour assister à un spectacle totalement inédit au théâtre Toursky. Pour la plupart d’entre eux, c’est la première fois qu’ils mettent les pieds dans un théâtre. Les acteurs en sont leurs propres enfants de moins de six ans. Sur scène, ils chantent pendant près d’une heure des comptines et des berceuses en français, en comorien, en malgache, en sicilien, en kurde, en kabyle, en wolof, en arabe, en polonais et en vietnamien devant cette assemblée de parents de plus de deux cent cinquante familles. Nous avons tenu à interroger François Le Gall sur les conditions de la réalisation d’un tel projet… (François Le Gall)
Le travail est un moyen pour les enfants de soutenir leur famille. C’est un acte important dans la culture thaїlandaise. De plus, ils manifestent aussi leur reconnaissance, leur gratitude envers leurs parents. En langue pali, il y a une vertu qui exprime cette gratitude et reconnaissance envers les parents, c’est katannyu katawedi. Selon les textes bouddhiques pali, c’est la vertu qui soutient le monde, celle qui fait grandir la bonté et le mérite en chaque être. Le premier lieu où cette vertu dans l’engagement aux autres prend sa source, c’est la famille. L’empreinte de cette vertu a toujours un ancrage très fort dans la vie familiale du peuple thaïlandais. Le bidonville Saphan Phut derrière l’école Suksanaree dans le quartier de Thonburi, est situé près du pont du même nom. Là vivent, aujourd’hui quelque cent familles ; la plupart n’ont qu’une pièce d’environ trois mètres par deux mètres, faite de tôle ondulée, planches de bois et autres matériels récupérés. La majorité des familles vit grâce à divers petits métiers ambulants : ventes de patates douces, cacahuètes, fruits, pop-corn caramélisé ou guirlandes de fleurs. Certains membres de cette communauté n’ont suivi que quelques années d’école primaire et ne savent que peu ou pas lire et écrire. Les parents aspirent à un avenir meilleur pour leurs enfants. Mais dans certaines familles parmi les plus pauvres, les enfants ne sont pas scolarisés ou irrégulièrement car ils contribuent à la survie de la famille… (Alain Souchard)

