Où puise-t-elle sa force, cette femme si frêle, pourtant de toutes les Résistances ? Avant le 18 juin 1940, Geneviève de Gaulle Anthonioz en était déjà ; en ces temps troublés, elle en est encore. Elle l’a payé cher. Aujourd’hui, la conscience tendue, le regard pénétrant, malgré la maladie à laquelle elle résiste en silence, elle reste à l’écoute du monde pour encore lui parler.
Près d’elle, un petit livre vert qu’on vient de lui apporter : « Le Secret de l’Espérance », secret qu’elle partage désormais avec ceux qui, comme elle, ont traversé la nuit. La nuit du cachot à Ravensbrück, la nuit de la misère, la nuit de tous les fanatismes, y compris celui qu’elle nomme « le totalitarisme de l’argent ».
Le 9 juillet 1998, alors qu’avec ses compagnons du Quart Monde, Geneviève de Gaulle Anthonioz obtient du parlement français une loi affirmant « l’égale dignité de tous les êtres humains », « Paris, dit-elle, délire d’enthousiasme pour le Mondial ». Aujourd’hui alors qu’un tout autre spectacle envahit nos écrans, « Le Secret de l’Espérance » est sa riposte à elle.
Après sa « Traversée de la nuit », 4 mois au secret dans un camp de la mort, Geneviève de Gaulle Anthonioz nous livre 40 ans de son combat dans le camp de la vie, auprès de ceux qui lui ont fait découvrir « Le Secret de l’Espérance ». « S’il y a une espérance dans ce monde si dur et si injuste, elle est dans le cri silencieux de ceux qui savent ce qu’est la liberté parce qu’ils vivent sous la dépendance, l’égalité puisqu’ils sont traités en inférieurs, l’honneur d’être homme, eux qui supportent le poids du mépris. »
Ce livre, plus que jamais, chacun en a besoin pour retrouver en lui-même l’être humain qu’il se doit d’être. Le diffuser partout, c’est faire un geste citoyen, un acte de résistance, de défense de la dignité humaine





