De 1983 à 1985, Lucien Duquesne, volontaire d’ATD Quart Monde, était en misson au Québec. C’est là qu’il a rencontré Kolette Turcot. De cette rencontre est né un livre. Le récit d’une enfant, d’une adolescente, d’une femme dans sa famille, avec ses amis, au creux d’une société occidentale élitiste et efficace.
Le récit aussi d’un peuple de pauvres dans sa "terre" : Ville-Jacques-Cartier au sud de Montréal ; un peuple de pauvres face au "Bien-être" curieusement nommé : l’aide sociale. La découverte du Mouvement ATD Quart Monde est pour Kolette comme l’arrivée en terre promise.
Kolette a un ton léger, enjoué, plein d’humour quand, face à Lucien, elle raconte, elle développe sa pensée. Mais ce ton ne doit pas nous tromper : toute la détresse humaine s’exprime ici, dans le langage du Québec, de beaux mots anciens ou inventés au contact de l’anglophonie.
On ne fait pas le commentaire d’un tel témoignage. Ne lirait-on que le chapitre intitulé "on décide à la place des pauvres", cela devrait suffire pour inciter à faire une révision de nos systèmes de références et de valeurs. Ce sont les réflexions de Kolette sur l’avortement et la contraception. Nous connaissons ces réflexions que tous les pauvres du monde font, avec leurs pauvres mots, mais Kolette leur prête les siens, pour les exprimer avec intelligence et grandeur.





