"Eradiquer la misère", l’éliminer en arrachant toutes ses racines : cette proposition, qui peut paraître extraordinairement naïve ou prétentieuse, est pourtant réaffirmée régulièrement dans les plus grands textes internationaux, comme le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme ou la Déclaration du Millénaire, adoptée par 180 chefs d’Etat en septembre 2000. A côté des dimensions économiques et environnementales, l’élimination de l’extrême pauvreté constitue le troisième volet d’un modèle de développement plus équitable et plus durable qu’il est urgent de mettre en Å“uvre.
L’introduction, qui fait appel aux travaux d’Amartya Sen, montre que la pauvreté, qui doit être réduite, diffère de la misère, qui doit être détruite.
La première partie, "Résister chaque jour à la misère", plonge le lecteur dans quatre récits de vie de personnes en situation de grande pauvreté au Burkina Faso, aux Philippines, en France et au Pérou. Elaborés avec les méthodes les plus participatives, ces récits donnent la parole aux différents acteurs impliqués. Résultant d’un partage d’expériences de huit ans au moins, ils permettent d’appréhender les dynamiques familiales de résistance à la misère, leurs réussites et leurs échecs.
La seconde partie, "Liens fondamentaux et droits fondamentaux", montre à partir des quatre récits combien le renouement ou le renforcement des liens familiaux, des liens d’appartenance communautaire, de participation organique et de citoyenneté, constituent une condition nécessaire à la reconnaissance des individus et à leur accès aux droits fondamentaux. Ces récits sont ensuite resitués dans le contexte de la mondialisation. L’apport de Joseph Wresinski éclaire le rôle des mouvements sociaux, mais aussi l’articulation entre transformations personnelles et transformations sociales requises par le projet d’éradiquer la misère. La conclusion souligne l’urgence de redéfinir la richesse et de renouveler la démocratie.
PlutoPress - 2012 - 256 p.
