Ce pourrait être un atelier de peinture, de sculpture, de théâtre. Il pourrait être mené avec des adultes ou des jeunes, et aussi en milieu urbain.
Cet atelier d’écriture mené avec des enfants du monde rural rend d’abord compte d’une démarche : un projet qui rejoint des enfants de tous milieux, à partir des plus délaissés, permet d’oser une rencontre et bénéficie à tous. Cette création partagée entre des enfants aux histoires différentes invite les uns et les autres à laisser libre court à leur potentiel artistique, en confiance.
Chacun accède au beau et libère ce qu’il a de plus profond en lui.
L’art et la création sont essentiels à chaque personne, ils contribuent à une reconnaissance de chacun, à un mieux être, au sentiment de faire partie de la même communauté.
Le partenariat, voulu et nécessaire avec d’autres institutions, a renforcé pleinement le projet. Parce que chacun a cherché à entrer dans une compréhension des préoccupations de l’autre, ce partenariat a contribué à rendre visible ce projet et avec lui le sentiment d’une fierté collective.
Le défi est bien l’accès de tous à la culture. Une culture qui invite au rassemblement sur un chemin pour mieux vivre ensemble.
Une évaluation de l’action a été faite entre octobre 1999 et mai 2001. Ses résultats ont été présentés dans le document "Un canton rural se lie par la poésie" édité en mai 2001 par ATD Quart Monde. On en reprend des extraits dans les pages qui suivent, reproduisant les propos des personnes interviewées à cette occasion.
Développement des capacités d’expression et de la confiance en soi.
L’atelier d’écriture, parce qu’il fait appel à la sensibilité plus qu’à la logique, à la tendresse plus qu’à la violence, parce qu’il apprend à regarder, à écouter, à toucher et à sentir, développe les richesses potentielles de l’enfant et l’ouvre à un autre ordre du monde. (L’écrivain)
C’est plus facile pour ma fille de créer des choses, pour raconter des histoires, elle crée son petit poème pour offrir à papy, à mamie. Je trouve que ça a beaucoup développé l’imagination de ma fille, j’étais parfois étonnée. (Une mère)
Je pense que ça leur a permis d’exprimer leurs joies, leurs peines… Et c’est certainement très bénéfique pour eux, surtout pour les enfants qui sont dans des familles en difficulté… C’est très important, parce que ça leur permet peut-être de dire ce qu’ils n’ont pas l’habitude de dire dans leur famille… La liberté d’expression, c’est très important pour tout le monde, ça fait partie de la tolérance, du respect des autres (Le Maire d’une commune du canton)
J’ai vu un garçon, au démarrage dans l’atelier, il était gauche, il était un peu timide, disons. J’avais travaillé avec lui au niveau théâtre. Il s’était très bien investi, ça lui plaisait. Après il a suivi l’atelier d’écriture ATD Quart Monde. Je l’ai revu tenant le stand dans le cadre du Salon de la jeunesse : il avait pris de l’assurance. Il avait grandi. (Une animatrice socioculturelle du canton)
Ça les a valorisés. Ça leur a permis de découvrir ce qu’ils étaient capables de faire… J’ai discuté avec une jeune qui était très fière de participer à toutes ces expositions. Elle avait changé. Elle était beaucoup plus confiante, beaucoup plus gaie aussi et je pense que ça venait de toutes ces relations, de tous ces ateliers qu’elle avait fréquentés. J’avais noté une évolution, une façon de s’exprimer beaucoup plus franche. Elle était beaucoup plus à l’aise. Je pense qu’à un moment, elle s’est sentie moins différente des autres. Au début elle était retranchée derrière une espèce de barrière sociale, parce que ça, ils le ressentent, puis elle devient plus intégrée et au bout d’un moment la différence s’estompe. (Une habitante du canton)
Dédramatisation de l’école et progrès scolaires.
Au niveau général, l’atelier d’écriture a été, je pense, très bénéfique pour certains élèves, pour la suite de leur scolarité. Ils ne considèrent plus maintenant le français comme quelque chose de difficile. (Un membre de l’enseignement)
Ils ont vu ce qu’était un collège parce qu’ils ont eu des activités au collège par la gravure, ils ont vu comment étaient les locaux. Ils ont eu des contacts avec les professeurs que certains retrouveront quand ils iront au collège. Il n’y aura pas de stress. (Une mère)
A la Villette, ces enfants-là étaient éveillés, débrouillards. Ce sont des enfants qui ont changé. C’étaient des élèves qui étaient en difficulté, qui n’étaient pas de bons élèves mais ils ont progressé pendant les deux années du projet. Quand on parle d’un niveau scolaire on parle toujours des notes, mais je parle aussi du comportement et du "savoir être" : le comportement en classe par rapport aux petits camarades, au respect de ce que le professeur demande, au respect des locaux, au respect des difficultés des autres… Ces enfants-là deviendront des moteurs après. (Un enseignant de collège)




