Extrait :
…"Il accepte enfin de m’autoriser à demander pour lui un secours à l’assistante sociale.
Dès mes premières paroles, elle le rejette :
Il est sur ce chemin ? Il n’a plus le droit d’y être, il a dû en être averti, il faut qu’il s’en aille.
- Comment et pour où ? Sa caravane n’a pas de roues et c’est impossible de trouver un autre terrain.
- Ne me dites pas qu’ils sont sans ressources, ils en ont sûrement un peu. D’ailleurs, pourquoi devrait-on secourir quelqu’un qui ne demande rien ? Qu’il fasse au moins l’effort de venir lui-même.
- Il vient mais ne demande rien. Que réclamerait-il puisqu’on s’empresse de lui dire qu’il n’a droit à rien ?
- Ah, bien sûr, s’il avait travaillé comme tout le monde, il aurait une pension…
M. Côme baisse la tête et contemple ses mains déformées qui parlent pour lui, mais qui les entendra ? Ceux que l’on oblige à regarder la misère en face deviennent, devant elle, sourds et aveugles…"

